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Equateur - Atèles

REINTRODUCTION DES ATELES A TETE BRUNE EN EQUATEUR


L'atèle à tête brune (Ateles fusciceps fusciceps) est l'un des 25 primates les plus menacés au monde. L'Union mondiale pour la Nature le classe en Danger Critique d'Extinction dans la Liste rouge internationale des espèces menacées. 

Sa répartition : endémique du Nord Ouest de l’Equateur (province d’Esmeraldas), dans les forêts tropicales jusqu’à 1700 m d’altitude.

Une population en déclin : cette espèce a subi une très forte pression de chasse. Elle est aujourd’hui davantage menacée par la dégradation de son habitat et, avec un cycle reproducteur lent (maturité sexuelle à 9 ans, 1 petit tous les 3 ans), sa population continue de décliner. Vivant principalement dans la canopée, l’espèce est très difficile à observer : très peu de données existent sur son écologie, sa répartition et la taille de sa population. Il est cependant fort probable qu’il ne reste pas plus de 250 individus dans la nature.

Son écologie : rappelons l’importance de cette grande espèce de primate pour la dissémination des graines. Parcourant quotidiennement 500 m à 5 km de forêt, l’atèle disperse des graines d’espèces d’arbres, qui pour germer, ont besoin d’être éloignées des arbres parents.

Au Bioparc : nous sommes engagés depuis de nombreuses années dans la conservation des atèles en Amérique du Sud,  toutes espèces confondues. Le Bioparc ne présente pas l'atèle à tête brune mais deux autres espèces de Colombie : l'atèle noir de Colombie et l'atèle marimonda. 

L'ONG WASHU

ACTEUR : WASHU 
Washu est une ONG équatorienne de jeunes chercheurs en sciences et sociologie, dédiée à la protection de la biodiversité et des atèles en particulier.  
Washu est le nom donné aux atèles par la communauté native Chachi du nord-ouest de l'Equateur.

LOCALISATION : Nord Ouest de l’Equateur
Washu mène ses actions dans différentes aires forestières au nord-ouest de l’Equateur au cœur de l’écosystème « El Choco », hotspot de biodiversité mondiale.
Parmi ces forêts, Washu travaille au sein de l’aire protégée de Mashpi « Bosque Protector Mashpi (BMP) », valorisée par l’existence d’un important écolodge et centre de sensibilisation. Le groupe travaille également dans un site forestier non protégé, présentant une importante densité d’atèles à tête brune. Ce site appartient à une coopérative de 50 familles d’agriculteurs « Cooperativa Teroso Esondito », et est connecté à des aires protégées. Avec une situation socio-économique désastreuse et un peuple dépendant des compagnies forestières et de palmiers à huile, la protection de ce site doit intégrer le besoin des hommes et montrer que la nature est source de richesses durables.  

MISSION
Washu a pour mission de protéger l’atèle à tête brune d’Equateur : étude de sa répartition, de son écologie et de sa génétique, analyse de son habitat, réintroduction d’individus, sensibilisation et soutien aux communautés locales font la stratégie de conservation de l’espèce.

ACTIONS
• Travail de recherche sur les primates (atèle, singe hurleur, singe capucin) dans les sites de la Coopérative et de l’aire protégée de Pambilar (RVSP) : écologie, génétique et distribution, composition de l’écosystème et relation entre aires protégées.
• Réintroduction des atèles.
• Accompagnement des communautés locales : éducation, apiculture, réflexion sur le tourisme, développement du café.

​www.proyectowashu.org
www.facebook.com/proyectowashu.org


La réintroduction des atèles


Le soutien du BIOPARC intervient pour le projet particulier de réintroduction des atèles dans leur milieu naturel, en collaboration avec Washu et la fondation équatorienne Jambeli que nous avions soutenue il y a plusieurs années.


Fondation Jambeli
Au cœur de son hacienda (culture de bananes et de cacao), Jambeli possède depuis de nombreuses années un centre de secours pour les animaux sauvages. Ayant récupéré des atèles à tête rousse, Jambeli a souhaité démarrer un programme de conservation et de reproduction de l’espèce, le 1er en Equateur. En 2007, le Bioparc a apporté ses conseils et son soutien financier pour créer des îles adéquates et favoriser l’élevage des atèles.
Après de nombreuses naissances, ces atèles représentent aujourd’hui un groupe de 25 animaux et une occasion unique pour tenter la réintroduction de l’espèce dans son milieu naturel.
Lieu de réintroduction
Jambeli et Washu souhaitent réintroduire ces primates dans l’aire protégée de Mashpi « Bosque Protector Mashpi (BMP) », qui abritait anciennement l’espèce.
« Bosque Protector Mashpi » : bien conservée et statutairement protégée, cette forêt est le lieu idéal pour concrétiser cette réintroduction.

Etude de faisabilité
A travers différentes études, Washu a obtenu les données suivantes :
- Les 25 atèles de Jambeli sont sanitairement réintroductibles.
- Le BMP possède une ressource et capacité alimentaires  suffisantes pour accueillir les atèles (plus de 50 % des plantes de la forêt sont consommées par l’espèce).
- Les communautés riveraines sont sensibilisées depuis plusieurs années à l’importance de la biodiversité et ont reçu la potentielle réintroduction comme une bonne nouvelle.
- La connexion du BPM à d’autres forêts permettra aux atèles réintroduits d’avoir de futurs contacts avec les populations sauvages résiduelles.

ACTUALITES MAI 2015 :
Pour la première fois pour cette espèce, les premiers atèles ont été déplacés fin avril 2015 sur le site de réintroduction dans un espace dit d'acclimatation, avant de retrouver prochainement la liberté totale. Les individus, Pipe, Pale, Pao, Pipa, Poli, Kiara et son petit Killa, vont ainsi pouvoir réapprendre petit à petit à vivre une vie sauvage en forêt, sous les yeux attentifs des chercheurs.