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Madagascar - Forêt tropicale


CONSERVATION DURABLE D'UNE FORÊT PRIMAIRE ISOLEE DE L'EST DE MADAGASCAR

MILIEU CONCERNÉ : Forêt tropicale humide

Au sud-est du continent africain, l’île de Madagascar, constitue une priorité en matière de conservation du patrimoine naturel. Le taux d’endémisme élevé de sa faune et de sa flore lui confère une exceptionnelle richesse biologique et classe l’île au nombre des 34 hot spots de biodiversité de la planète. Madagascar est aussi l’un des pays les plus pauvres du monde, sa population est confrontée à une situation socioéconomique difficile.

Au nord-est de l’île, la baie d’Antongil abrite certains des derniers grands ensembles de forêts tropicales humides primaires de Madagascar. De basse et de moyenne altitude, ces forêts comptent parmi les plus diversifiées de l’île et sont en partie protégées à l’intérieur du Parc national de Masoala et de l’aire de conservation de Makira. Quelques parcelles et corridors forestiers subsistent entre ces grands espaces, comme la forêt de Farankaraina sur le littoral de la baie, à 15 km de Maroantsetra, la ville principale. La conservation de cette forêt et l’avenir des villages avoisinants sont gravement menacés par l’exploitation à outrance des ressources naturelles. La culture sur brûlis (défrichement par le feu pour cultiver le riz) est l’une des plus dévastatrices. Les sols dénudés mis en culture perdent vite leur fertilité, incitant les agriculteurs à déforester d’autres terres. À ce fléau s’ajoutent la coupe du bois et les pressions de la chasse.

FAUNE

La forêt de Farankaraina abrite une faune et une flore représentatives de celles de la baie d’Antongil, notamment des espèces en danger d’extinction telles l’ibis huppé dont la population est estimée à moins de 10 000 individus et le aye-aye classés « Quasi menacés » par l’UICN. Avec le aye-aye, Farankaraina héberge 6 autres espèces de lémuriens :


• Le Lémur à front blanc (Eulemur albifrons)
• Le Aye-Aye (Daubentonia madagascariensis)
• Le Cheirogale (Cheirogalus major)
• L’Avahi laineux (Avahi laniger)
• Le Microcèbe (Microcebus sp.)
• Le Phaner à fourche (Phaner furcifer)
• Hapalémur occidental (Hapalemur occidentalis)

Autres espèces présentes dans la forêt de Farankaraina  : fosa, tenrec, boa de Madagascar, caméléons, uroplate, grenouilles dendrobates, couas, râle de Madagascar, rolliers, ibis huppé...

Présentation du projet

ACTEUR : ONG malgache Antongil Conservation

En 1999, Augustin Sarovy, guide écotouristique originaire de la région, crée avec l’aide du Bioparc de Doué-la-Fontaine, l’ONG Antongil Conservation dédiée à la protection de la baie. Agissant en faveur de la biodiversité en impliquant les hommes et en contribuant au développement local, l’ONG a eu très vite un impact positif sur le site. En 2006, le gouvernement malgache a légitimé l’importance du travail d’Antongil Conservation en lui confiant la gestion des 1 600 hectares forestiers de Farankaraina, officiellement reconnus comme zone de conservation au niveau régional en 2009.

Forte de son équipe de 15 personnes dorénavant dirigée par Thorel Alexis, Antongil Conservation agit par les biais suivants :

• L’éducation environnementale et l’appui au développement local - actions menées à Maroantsetra, dans les villages de brousse et ceux limitrophes à la forêt de Farankaraina.

• Des actions de protection et de réhabilitation du milieu dans la forêt de Farankaraina en collaboration avec les 9 villages riverains.

Résultats

GESTION DURABLE DES MILIEUX

• Protection de la zone forestière de Farankaraina 
En 2007, l'ONG met en poste une équipe de 4 agents de conservation (surveillance et entretien du site, suivi de la faune et de la flore), avec le recrutement de 2 agents supplémentaires en 2010. Cette équipe organise de nombreuses missions en forêt pour surveiller, prévenir ou stopper des actions illégales (chasse, exploitation minière, coupe de bois illégale).

• Gestion de la forêt
La forêt, en collaboration avec les autorités et les villages riverains, est organisée en plusieurs zones, afin qu'elle puisse retrouver son aspect originelle, qu'elle continue de façon durable à fournir aux habitants les ressources nécessaires et qu'elle soit porteuse de développement par le biais de l'écotourisme :
- Zone de conservation intégrale
- Zone de réhabilitation (actions de reboisement)
- Zone de droit d’usage pour les habitants (exploitation durable des ressources)
- Zone écotouristique (150 ha).

La gestion de la forêt et le respect des zones de réglementation est fait en collaboration avec les représentants des 9 villages riverains regroupés en Communautés de Base. 

• Reforestation
2012 : un programme de réhabilitation des milieux dégradés de Farankaraina démarre. Formation, embauche d’un pépinièriste, création des pépinières et premières plantations sont effectuées avec les villageois et les écoles. Fin 2015, 17 hectares ont déjà été replantés et chaque village équipé de pépinières fonctionnelles.
PROTECTION ET SUIVI DE LA FAUNE

• Mammifères
L'ONG effectue les inventaires faunistiques de la forêt. Depuis 2009, l'ONG étudie la faisabilité de réintroduire des varis roux dans la zone forestière de Farankaraina d'où l'espèce a disparu face aux pressions de coupe de bois et de chasse. 

• Amphibiens 
- En 2008, le projet "grenouille tomate" est mis en place à Maroantsetra à l’initiative du chercheur italien Franco Andreone. Ce projet a pour objectif de connaître l’écologie de cette espèce et d’effectuer le suivi de sa population.
- Une petite réserve est créée à Maroantsetra « le village grenouilles tomates » pour protéger les représentants de l’espèce et mener des opérations de sensibilisation.
- En 2010, Thorel Alexis participe à une formation scientifique sur les amphibiens pour savoir dépister la chytridiomycose, maladie infectieuse mortelle des amphibiens et effectuer le suivi dans la région. 

SENSIBILISATION

• L'ONG anime une émission de radio sur l’environnement.

• Elle organise des réunions d'échanges et de sensibilisation dans les villages.

• Depuis 2003, l'ONG organise la Fête des Lémuriens : grande fête annuelle qui fédère de nombreux sur le thème de la protection des lémuriens et de la forêt. Au programme : défilés, carnaval, expositions, concours de danses et chants traditionnels, concours de dessins et poésie, courses en sacs, … ayant pour but de souligner de façon ludique l’interdépendance Homme-Nature. Pour les 10 ans de cet évènement, connu de toute l'île, l'ONG l'a organisé à Maroantsetra, préfecture de la Baie. 20 000 personnes y ont participé !

• Elle participe à diverses manifestations nationales de sensibilisation environnementale (Journée mondiale de l’Environnement, Journée mondiale de l’eau…)

• Elle crée et encadre des Clubs Nature (groupes de jeunes qui  s’impliquent dans la protection de la nature). 

• Elle anime des ateliers dans les écoles et propose des sorties.


APPUI AU DÉVELOPPEMENT LOCAL

• Écotourisme
Depuis 2007, Antongil Conservation développe et aménage sur une partie délimitée de la forêt un site écotouristique.
L'objectif est de valoriser la forêt auprès des touristes malgaches et étrangers, mais aussi les habitants et les enfants de la ville de Maroantsetra puisque l'accès à Farankaraina est facile.

Au programme : 
- Excursions guidées à la journée ou sur plusieurs jours avec logement possible en abri-tente ou en bungalows installés sur la plage (2012 : 5 bungalows équipés d'électricité et de sanitaires)
- 8 sentiers d’excursions et 2 plages
- Découverte de la faune et de la flore

• Amélioration des rendements des rizicultures

L’accroissement du rendement des rizières auprès des petits exploitants agricoles possède d'importantes répercussions sur la pauvreté et sur l’environnement à Madagascar. En effet, le riz occupe une place prépondérante dans le revenu des ménages, dans l’alimentation, ainsi que dans l’utilisation de la terre en milieu rural malgache.

L’installation d’un micro-barrage permet un accès à l’eau facilité et une utilisation directement ciblée sur les rizières. L’irrigation va ainsi augmenter les rendements de riz et permettre une gestion plus rationnelle et durable des terrains. Les villageois, possédant de meilleures productions et pouvant créer des stocks de riz, améliorent leur niveau de vie et acquièrent une sécurité alimentaire en faisant face plus facilement aux périodes de soudure (après la récolte de riz quand tous les stocks sont vendus). Avec des productions plus importantes, les cultivateurs ont moins besoin de brûler de nouvelles parcelles de forêt pour installer de nouveaux champs. 
• Commerce
- Production d’huiles essentielles (ylang-ylang, niaouli, vanille, citronnelle, cannelle…)
- Soutien aux groupements de femmes par la réalisation de petits objets artisanaux, vendus à la boutique du Bioparc
- Formation sur la recherche d’alternatives écolomiques par la méthode « analyse de marché et de développement » conçue par la Food and Agriculture Organization.

• Santé
L'association française de ressources sanitaires Kibouj, amie du Bioparc, apporte son soutien aux centres de santé par l’apport de matériel médical, la formation, des missions de soins bénévoles et la prise en charge d'un poste d'infirmière. En 2016, Kibouj a offert à l'ONG et aux villages un bateau-ambulance (bateau de mer) pour désenclaver les malades des zones reculées.  

• Solidarité
En 2011 et 2012, accueil pendant 3 semaines de l’Atelier Jeunes et Partages (Lille), structure de réinsertion pour les jeunes, afin de mener des actions solidaires en faveur du développement des villages (microbarrage, construction d’un pont sur une piste depuis Farankaraina...).

Rôle du BIOPARC

Le BIOPARC est le soutien principal de l’ONG depuis 1999 et est devenu son représentant européen en 2009.

Il finance les différentes activités de l’ONG et accompagne l’équipe quotidiennement  tant au niveau stratégique, que humain (conseil, personnes ressources, formation) et matériel (logistique, communication). Il mobilise de plus d'autres partenaires pour permettre à l'ONG d'étendre ses actions. 

Autres partenaires : South Lakes Wild Animal Park (UK), Association Kibouj (FR), Zoo de Champrepus (FR), Fonds de dotation La Passerelle (FR), Spaycific zoo (FR), Parc de Sainte Croix (FR), Région Nord-Pas-de-Calais (FR), Région Bretagne (FR), Conservatoire Nationale Botanique de Brest (FR).