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Viva Chaparri !

Le ciel s’éclaircit au-dessus de la montagne sacrée de Chaparri au Pérou

Menacée depuis deux ans par une mafia de trafic de terres liée à de puissants groupes agro-industriels, la Réserve Ecologique de Chaparri a failli disparaître.

Au pied de la montagne sacrée Chaparri, la communauté indienne Santa Catalina de Chongoyape a créé la première réserve naturelle privée d’Amérique du Sud en novembre 2000. Située au nord-ouest du Pérou, elle protège 35 000 ha de forêt sèche équatoriale et abrite une faune remarquable dont l’ours à lunettes, la pénélope à ailes blanches et le condor des Andes, espèces menacées d’extinction. Sous l’impulsion du photographe naturaliste péruvien Heinz Plenge au travers de son association Tu Tierra et grâce au soutien du Bioparc de Doué-la-Fontaine, les habitants sont devenus les protecteurs de leurs terres : un comité fixe les règles pour une gestion durable de la forêt, des gardes surveillent le territoire et assurent la protection de la biodiversité, des guides accueillent les touristes et sensibilisent les 10 000 visiteurs annuels. Chaparri est devenu un véritable modèle : 70 sites adoptant un fonctionnement similaire ont vu le jour en Amérique du Sud grâce au partage d’expérience et aux conseils prodigués par la communauté initiatrice.

Malgré ses succès, Chaparri a subi de graves pressions ces deux dernières années : incendies volontaires, mises en lots illégales de parcelles forestières, menaces sur ses dirigeants et assassinat de l’un d’eux par la mafia souhaitant démembrer la réserve pour récupérer les terres.

Un front de défense de Chaparri, constitué de représentants de la communauté, s’est organisé pour mettre en lumière les graves menaces qui pèsent sur la Réserve auprès des médias et du gouvernement. Soutenu financièrement par le Bioparc, ce front a réussi à faire créer une commission d’enquête par le Congrès de la République ainsi qu’une commission du Ministère de l’intérieur, qui viennent de déboucher sur la condamnation d’une partie des coupables à plusieurs années de d’emprisonnement.

Cette décision vient affermir la volonté et l’enthousiasme des membres de la communauté. En hommage au mont Chaparri, symbole de la culture Mochica depuis 7000 ans, ils viennent de créer au cœur de la réserve une route culturelle « La Ruta de los Encantos », inaugurée le 7 novembre dernier, en présence et avec l’appui de l’UNESCO. Mettant en lumière la multitude de sites archéologiques et chamaniques qui l’entourent, elle rappelle l’importance de la relation entre nature et culture dans les sociétés traditionnelles.

La Réserve Ecologique de Chaparri va désormais reprendre pleinement sa mission de conservation, avec l’espoir de créer, par la mise en réseau des terres des communautés voisines, un corridor biologique reliant l’écosystème de forêt sèche aux Andes péruviennes.

Le Bioparc accompagne et soutient financièrement la Réserve Ecologique de Chaparri depuis 2001, notamment par la prise en charge des salaires des gardes de la Réserve et du fonctionnement du centre de secours des ours à lunettes. Le soutien 2018 du Bioparc s’est porté à 51 600 €, dont 10 000 € offert par le Projet Imagine de Frédérique Bedos.